29 mars 2009
~ L'envol de la mouette ~ Texte n°138 * Ecrire à l'art hache *
Texte n°138 écrit le 14 Mars 2009
~ Ecrire à l’art hache ~
** Philosophy of life **
Je tranche les mots comme un bûcheron,
Je martyrise le fruit de l’inspiration,
Et avec violence et barbarie,
Cela en devient de la poésie.
J’improvise dans la précipitation,
Je bouscule les mots et les locutions,
Sans pitié se retrouvent en rondelles,
Les rimes enjouées et les ritournelles.
Je brutalise un peu le vocabulaire,
Sans pour autant le rendre vulgaire ;
Corrompre la tentation, bannir les concessions,
De la fureur même, les mots auront raison.
Ma hache de guerre est artistique,
Mon combat, lui, est poétique ;
Je lutte contre les âmes insensibles,
Et les esprits étroits irrésistibles.
Je me fais un sang d’encre avec un stylo,
Ma muse s’aiguise telle la lame d’un couteau,
Achevant par de l’insolence certaines opinions,
Affutant des idées, des torts et des raisons.
Comme un guerrier vaillant, protecteur de la philosophie,
Je défends ouvertement les valeurs de la poésie,
Levant mon épée pour déclarer la guerre,
Aux assassins de la langue de Molière.
La littérature est comparable à la forêt d’Amazonie,
Poumon de la Terre, les livres ont l’odeur de nos vies,
L’humanité est une forêt d’arbres généalogiques,
Où sont nés de nombreuses familles artistiques.
Seulement les mentalités ont évolués,
L’abeille ne vient plus butiner,
La sève est empoisonnée,
L’encre s’est asséchée.
La nouvelle génération à tronçonné les valeurs,
De nos arts devenus un cimetière de fleurs ;
Certains oiseaux se sont égarés dans les feuillages,
Délaissant leurs précieuses muses et leurs plumages.
Mais c’est sur ce sol frileux et gris, recouvert de bitume,
Que j’ai déposé ma hache de guerre, avec mon amertume,
Préférant abandonner mon instrument pour une plume,
Qu’une colombe à égarer en voulant suivre la brume.
Et tandis que j’écris sur ma feuille, témoin de la déforestation,
Pendant que ces oiseaux volent sur les nuages de la pollution,
C’est la liberté d’expression qui vit sa révolution ;
Il va falloir trancher entre l’art et le cochon.
C’est précisément là que l’artiste puise son discernement,
Pour que son savoir-faire échappe aux lois du commerçant ;
Son stylo, son crayon, que dis-je, son arme de prédilection,
S’exclame et crie ouvertement sa volonté de devenir un don.
Puis le silence ne laisse place qu’à l’expression du vent,
Ne laissant s’échapper des arbres qu’un léger bruissement ;
La première feuille apparait du haut d’un chêne,
Le printemps d’un poète à retrouvé sa haine.
L’hauteur gardera les pieds sur terre,
Pour ne pas grimper à l’auteur de Baudelaire,
Les échelons se graviront avec les doigts transpirants,
Pour espérer ne pas finir un jour dans un roman.
Si je n’avais qu’un désir à exprimer, ce serait celui-ci ;
Que puissent avoir l’immortalité, les œuvres de ma vie,
Que ma poésie puisse errer dans cette vaste forêt,
A la bibliothèque, le cimetière des sonnets.
Certains arbres auront eu le mérite d’être sacrifiés,
Pour me faire naître sur des feuilles de papier ;
Quant à ma hache, quand je serai mort,
S’il vous plait, enterrez-là comme un trésor.
« J’écris à l’art hache les mots de la vie,
On a fait de moi le bûcheron de la poésie. »
© Mickaël Gil - Tous droits réservés / Toutes reproductions interdites
Note spéciale : Ce texte est le dernier que j’ai écris. Il est pour moi le signe d’un retour aux sources. Il a beaucoup de valeur car il est né de ma détermination de l’achever, malgré les obstacles qui se sont présentés devant moi. A plusieurs reprises, j’aurais pu abandonné ce texte. Il auras fallu des mois… Mais il est là, et c’est ma seule fierté. Et j’aimerai dédié ce texte à Delphine, qui a su me toucher par ses mots sincères. Merci à elle de donner un sens et une dimension à mes textes.
Commentaires
Sans me douter que ce texte m'était dédié, car je l'ai dévoré de vers en vers, j'ai décelé une vision de la poésie qui me plaît énormément. Mais le passage qui m'a le plus marqué, a été une description soft de la génération actuelle qui n'est plus enthousiaste à l'idée de se cultiver, sauf quand il s'agit de choses futiles.
Au final ce manque de curiosité tue toute la richesse dont regorge l'Art, et qu'on se refuse à voir. Je m'entends souvent dire que "lire c'est chiant!" et ça me désole. Tout est dit que tu as parfaitement dépeint cela.
Jusqu'au bout j'ai été charmé par tes mots si personnels mais qui dégagent tant de vérité. J'ai reconnu certaines de mes opinions dans les tiennes, et ça fait du bien. Je suis bien contente de ne pas être de ceux qui seront passés à côté de la perle littéraire que tu es. En tout cas, je m'y retrouve et j'y adhère.
Mon quatrain préféré, tu l'auras deviné, est le suivant :
" La nouvelle génération à tronçonné les valeurs,
De nos arts devenus un cimetière de fleurs ;
Certains oiseaux se sont égarés dans les feuillages,
Délaissant leurs précieuses muses et leurs plumages. "
Merci pour ce moment où je me suis sentie pousser des ailes, où je me suis sentie comprise. =)
Ta philosophie de vie ne m'est pas si étrangère.
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=516572&pid=13187315
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :

